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AUTOSUFFISANCE ALIMENTAIRE EN RIZ : Les producteurs s’engagent à relever le défi

Le cercle d’études et de réflexions pour le Oualo (CERO) a organisé au Novotel, une conférence suivie par l’ensemble des producteurs de la vallée, sur la problématique de l’autosuffisance en riz et le rôle que la région naturelle est appelée à y jouer. Comme pour dire qu’il faut « rendre à César, ce qui est à César. »

« La problématique du riz est d’une brûlante actualité ». C’est l’avis du ministre Samuel Amette Sarr, invité d’honneur de la conférence organisée samedi par le CERO, en présence du directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture Amath Sall, de celui des Affaires étrangères et de Madame Amsatou Sow Sidibé, présidente du Rafet, qui a modéré la rencontre. Une initiative riche en symboles, si l’on sait que la plupart des producteurs du Walo, de Dagana à Podor et de la vallée du Fleuve Sénégal ont fait le déplacement pour se pencher sur le thème : « la problématique de l’autosuffisance alimentaire de riz au Sénégal : quel rôle peut jouer la vallée du fleuve ? »

Ouvrant la cérémonie en sa qualité de coordonnateur, Diombass Diaw a campé le contexte marqué par des crises mondialisées qui « se manifestent de façon timide, par-ci, tragique par-là, dans le domaine agricole, substrat et source vivante de l’économie alimentaire ». Estimant que la faim frappe aux portes, du fait de la montée vertigineuse des prix des denrées, aggravée par la spéculation, la désorganisation des filières, le leadership inexpérimenté dans l’économie rizicole et le jeu des lobbies commerciaux, M. Diaw a fait étalage des richesses naturelles du Walo qui offre toutes les potentialités pour en faire le bassin nourricier du Sénégal. Il s’est félicité de la présence et du soutien de hautes personnalités comme le ministre Samuel Sarr venu « en agriculteur » décidé à investir sur 15.000 hectares, Mankeur Ndiaye, directeur de cabinet du ministre d’Etat, Cheikh Tidiane Gadio, des experts et présidents de groupements de producteurs de Dagana, Podor et au-delà.

A sa suite, Samuel Sarr a réitéré son soutien à la filière, du fait, dit-il, de son importance centrale dans la production agricole et pour la sécurité alimentaire. Il est rapidement revenu sur les difficultés du contexte mondial pour ajouter que « nous devons nous engager pour la souveraineté et la sécurité alimentaires ». Selon lui, avec une consommation de 800.000 t en 2007, si ce n’ était la lourdeur de la facture des importations de riz, le Sénégal aurait réalisé un taux de croissance de 8%. D’où la pertinence de la Grande offensive pour l’agriculture, la nourriture et l’abondance (GOANA) lancée par le Président Abdoulaye Wade, dira-il. Pour le ministre de l’énergie, venu en agriculteur et qui va investir dans la riziculture, comme les y a appelé Me Wade, il faut une mobilisation nationale pour la cause de l’agriculture, mais aussi pour le monde rural. Au nom de son collègue Amath Sall, le Directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture a estimé pour sa part qu’il est temps, au vu des énormes potentialités de la vallée et de l’Anambé, « que les Sénégalais puissent être nourris par les terres sénégalaises ».

Le Walo, futur grenier du Sénégal ?

« Pour des raisons géographiques et historiques, le Oualo peut-être la solution pour la résolution de la crise alimentaire ». Cette sentence de Diombass Diaw, le coordonnateur du CERO, ne procède pas simplement de vœux pieux, compte tenu des potentialités offertes par le fleuve, le Lacs de Guiers et les cours d’eau que sont la Taouey, le Lampsar, le Djeuss, le Gorom, et de l’immensité des terres fertiles, inondables du Oualo et du Diéri. D’après les ressources documentaires fournies par le Cero, c’est sur le Département de Dagana que viennent 60 % de l’eau douce consommée tout le long de l’axe Louga-Dakar, au départ du Lac de Guiers, 95 % de la production sucrière (CSS) du Sénégal, 90 % de la production de tomate industrielle livrée à la Socas, 58 % des produits de la pêche continentale, 50 % de la production nationale de patates douces, sans parler des activités intégrant agriculture, élevage, pêche et pisciculture.

Les « Walo Walo », connus pour leur ardeur au combat et leur « Jom », demandent simplement que soient levées les contraintes qui ont pour noms : statut du foncier, difficultés de financement, enclavement, faiblesse du tissu des Pme et manque de main-d’œuvre qualifiée. Quant à la question de l’énergie qui est un intrant incontournable de la culture irriguée, elle a fait l’objet d’échanges directs avec le Ministre Samuel Sarr qui leur a prêté une écoute attentive. Rendez-vous a été pris avec l’avenir et, pourquoi pas, au Walo ?

Source : Le Soleil du lundi 05 mai 2008

6 mai 2008

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