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Face à la hausse vertigineuse des prix des produits de base : La Banque mondiale propose un train de mesures

Trente-trois pays du monde entier pourraient être confrontés à des troubles sociaux par suite de la flambée des prix des aliments et de l’énergie. Dans ces pays, où l’alimentation représente entre la moitié et les trois-quarts de la consommation, il n’y a pas de marge de survie. Une tragédie à laquelle le groupe de la Banque mondiale ne veut pas assister impuissant. Ainsi, après avoir tiré la sonnette d’alarme par la voix de son président, il vient de proposer un train de mesures devant permettre d’éviter un tel drame.

Le président du groupe de la Banque mondiale (Bm), Robert B. Zoellick, a proposé un train de mesures destinées à aider les pays africains à s’attaquer à la montée des prix des denrées alimentaires et des produits de base.
Certaines de ces mesures devraient aussi aider à mettre en place de nouveaux moyens d’administrer les ressources procurées par le niveau élevé des prix de l’énergie et des minerais d’une manière qui profite davantage au plus grand nombre, et à générer les liquidités à long terme en mettant à contribution les fonds souverains, indique un communiqué parvenu hier à la rédaction.

Il faut de toute urgence contrer les menaces immédiates pour répondre à la crise mondiale actuelle’, affirme M. Zoellick. ‘Nous devons jeter les bases qui nous permettront de créer les meilleures opportunités et de susciter l’espoir pour tous à long terme’, ajoute-t-il. De manière plus précise, il en appelle à une ‘nouvelle politique alimentaire mondiale’ pour aider les pays africains à relever les défis posés par l’envolée des prix des produits alimentaires. Dans ce cadre, le président du groupe de la Bm en appelle au respect de la promesse faite de doubler les prêts accordés au secteur agricole à l’effet d’augmenter la productivité et d’accroître la disponibilité d’aliments en Afrique subsaharienne (portant le niveau des prêts de 450 millions de dollars cette année à 800 millions de dollars l’année prochaine). S’exprimant sur l’importance de constituer des marchés alimentaires locaux et de créer une nouvelle ‘révolution verte’ en Afrique subsaharienne, M. Zoellick a déclaré : ‘Selon les estimations du groupe de la Bm, 33 pays du monde entier pourraient être confrontés à des troubles sociaux par suite de la flambée des prix des aliments et de l’énergie. Dans ces pays, où l’alimentation représente entre la moitié et les trois-quarts de la consommation, il n’y a pas de marge de survie’.
Le président du groupe de la Bm a tiré la sonnette d’alarme, en indiquant qu’il fallait, aujourd’hui plus que jamais, sortir de l’impasse des négociations multilatérales de Doha pour conclure un accord commercial mondial. Il a exhorté les Etats-Unis, l’Union européenne (Ue), le Japon et les autres pays développés à fournir au Programme alimentaire mondial (Pam) de l’Organisation des Nations Unies les 500 millions de dollars dont il a besoin pour mener ses opérations de secours alimentaires d’urgence. Il en a également appelé à la réaffirmation et au renforcement de l’Initiative pour la transparence des industries extractives pour aider les pays en développement à tirer parti des opportunités offertes par le niveau élevé des prix de l’énergie et des minerais, tout en veillant à ce que les profits réalisés par les pays riches en ressources soient répartis entre tous les membres de leur population. Dans sa formulation initiale, cette initiative encourageait les pays riches en ressources à publier et à vérifier les paiements des sociétés et les recettes tirées du secteur lucratif du pétrole, du gaz et d’autres ressources minières.
Expliquant les possibilités énormes qu’offre cette formule, M. Zoellick a précisé : ‘Les actifs détenus par des fonds souverains pèseraient à l’heure actuelle 3 000 milliards de dollars. Si le groupe de la Bm parvient à créer des plates-formes d’investissement sous forme de prise de participation et des indices de référence pour attirer ces investisseurs, l’affectation ne serait-ce que de 1 % de ces actifs permettrait de mobiliser 30 milliards de dollars pour financer la croissance, le développement et la valorisation des opportunités en Afrique’.
Dans l’optique d’appuyer cette initiative, la Bm met au point un mécanisme destiné à contribuer au renforcement des capacités des gouvernements à travers un décaissement plus rapide de l’aide que ne le permettent les opérations de prêts classiques, la formulation et la diffusion de bonnes pratiques, normes et codes, et la proposition de cadres relatifs aux questions budgétaires, juridiques et de réglementation. Le processus à suivre dans ce contexte sera dirigé par un comité consultatif composé de parties prenantes, selon le communiqué.

Source : walfadjri du 08 avril 2008

23 avril 2008

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