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L’IFPRI et l’ISRA cités dans la presse

Selon Antoine Bouët économiste à l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires, le Sénégal va perdre 44% de ses recettes douanières, dans l’hypothèse où la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) décidait de signer les Accords de partenariat économique (Ape), qui devraient permettre de créer une zone de libre-échange avec l’Union européenne.

Ces chiffres sont tirés d’une étude présentée par Antoine Bouët, un chercheur français, qui travaille à l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (Ifpri, en anglais). Son étude a été faite en collaboration avec des chercheurs sénégalais de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra).M. Bouët affirme que cette perte de recettes douanières équivaut pour le pays, à la perte de 10% de son Pib. Pour un pays aussi dépendant que le Sénégal des revenus fiscaux et douaniers, le choc serait rude. Antoine Bouët a tenu ses propos hier, au cours d’un débat organisé par une organisation internationale de recherche, Aprodev, en marge de la conférence ministérielle ACP-UE qui se tient actuellement à Bruxelles, la capitale de la Belgique, sur la question des Ape.

En plus de représentants de nombreuses ONG, principalement celles opposées à la conclusion positive desdits accords, il y avait quelques représentants du Département de Commerce de la Commission européenne, communément appelée DG Trade. Pour lui, l’impact des Ape sur l’économie sénégalaise est loin d’être positif, alors que ses effets sociaux risquent d’être catastrophiques : « Le Sénégal, en tant que pays le moins avancé (PMA) bénéficie déjà d’une grande ouverture de ses produits vers le marché européen, du fait du programme -Tout sauf les Armes-. C’est donc, plutôt l’Europe qui va voir ses produits entrer librement sur le sol sénégalais, sans limitation ni quota. De même, du fait que le Sénégal échange très peu avec les pays de la sous-région, il ne va pas bénéficier d’une ouverture sous-régionale. Le Sénégal est plus tourné vers les marchés du Nord que vers ses voisins. »

L’autre élément important est le détournement du commerce, qui va se faire au détriment des partenaires habituels du Sénégal. « Ces Ape vont introduire une discrimination dans les importations sénégalaises. Au lieu d’importer des véhicules japonais, du riz thaïlandais, des textiles chinois, le Sénégal va s’approvisionner pour ces produits vers l’Europe, car sans droits de douane, ils seront devenus compétitifs, au détriment de ceux de l’Asie, qui seront lourdement taxés. » Si pour le consommateur sénégalais, cela peut être une bonne chose, nuance le scientifique de l’Ifpri, il y a que les recettes douanières du Sénégal vont en souffrir. « Il ne sera pas étonnant que le pays ait des difficultés à payer ses fonctionnaires, ou à assurer des services sociaux aussi importants que la santé ou l’éducation, de la manière la plus convenable », prévient-il.

Source : Le quotidien du 8 novembre 2007

9 novembre 2007

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