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LUTTE CONTRE LA CRISE ALIMENTAIRE : L’Onu appelée à réaliser des actions concrètes

Le système des Nations Unies est appelé à jouer les premiers rôles dans la recherche effrénée de solutions contre la crise alimentaire qui sévit dans les pays pauvres. Il est attendu des Nations Unies l’initiation d’actions concrètes en aidant les pays vulnérables à atteindre un taux de croissance de 7% par an, pour espérer atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) d’ici 2015.

Le débat de haut niveau sur « Commerce et développement pour la prospérité de l’Afrique : action et direction » tenu ce lundi 21 avril à Accra-Ghana, dans le cadre de la douzième session de la Conférence des Nations unies pour le développement (Cnuced), a été une opportunité pour revisiter les pistes devant amener le commerce à contribuer au développement de l’Afrique. L’occasion était ainsi donnée pour aborder la question de la crise alimentaire qui a fini de provoquer des émeutes dans les pays vulnérables qui dépendent beaucoup des importations. C’est dans ce cadre que le système des Nations Unies pour le développement est appelé à initier des actions concrètes qui sortent du vécu pour impulser une dynamique d’aide en faveur des pays pauvres très touchés.

Le secrétaire général de la Cnuced, M. Supachai Panitchpakdi, évoquant cette situation de crise, pense que « les Nations Unies se doivent de travailler en faveur de résultats concrets ». Selon lui, les représentations onusiennes doivent être utilisées comme épicentre pour le développement du commerce entre l’Afrique et le reste du monde. M. Supachai Panitchpakdi pense que toutes les attentions doivent être braquées pour faire face à la crise alimentaire. A son avis, il faut faire de sorte que les pays pauvres puissent atteindre un taux de croissance de 7% par an d’ici 2015 et être attentif aux résultats et paradigmes sur lesquels sont basés la définition des politiques de développement de l’Afrique. Le secrétaire général de la Cnuced appelle ainsi les pays à prendre comme modèle la coopération sud-sud afin de développer le commerce intra-africain qui ne représente que 10%.

Le secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, reconnaît que : « nous sommes en situation d’urgence ». Pour sa part, les acteurs doivent arriver à atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) bien que beaucoup de pays pauvres soient à la traîne. Le secrétaire général des Nations Unies garde espoir du moment qu’il y a des pays qui ont presque atteint les Omd fixés dans certains domaines. C’est dans ce cadre qu’il a cité le Sénégal comme exemple en matière d’eau et le Ghana dans le domaine de l’éducation primaire. Selon lui, « la flambée des prix risque de saper les efforts de développement enregistrés dans certains pays ». M. Ban Ki-moon qui dit être perturbé par les émeutes qu’a suscité la crise alimentaire dans des pays pauvres comme le Sénégal, pense que : « il faut mettre l’accent sur la mise en œuvre des Omd en développant l’investissement qui est à 3% du Pib en Afrique ». Ainsi, sur le moyen terme, il songe au renforcement des capacités de productions agricoles en réalisant « la révolution verte ».

Le secrétaire général des Nations Unies de lancer : « je sais que les pays développés peuvent faire plus avec le cycle de Doha ». Il a ainsi déclaré 2008 : année d’échange pour combler les lacunes afin d’atteindre les Omd.

Sur la même lancé, le président du Ghana, M. John Agyekum Kufor, a exhorté au développement des échanges entre pays africains dans le cadre du partenariat sud-sud. Pour lui, le défi qui s’impose, c’est la facilitation des processus.

Son homologue brésilien, M. Luiz Inacio Lula da Silva, est revenu sur la faiblesse de la part du commerce africain qui, selon lui, représente 2,7% des exportations et 1,9% des richesses du monde. Il s’est dit désolé du fait que : « nul autre région du monde que l’Afrique ne connaît autant d’asymétries découlant de la mondialisation ». Dans le cadre de la promotion de l’agriculture comme alternative à la crise alimentaire, le président du Brésil pense qu’il faut veiller à l’élimination des subventions nuisibles, faciliter l’accès aux marchés des produits africains, lutter contre l’asymétrie qui installe une dépendance entre les pays du Nord et ceux du Sud.
Selon lui, la crise alimentaire est liée aux pratiques protectionnistes des pays développés. M. Luiz Inacio Lula da Silva a fait part de son engagement à combattre pour que le cycle de Doha soit couronné de succès à l’Organisation mondiale du commerce (Omc). Il a ainsi fait part de la disponibilité du Brésil à renforcer d’avantage ses échanges avec l’Afrique qui est son quatrième partenaire mondial avec 20 milliards de dollars d’échanges commerciales enregistrés ces quatre dernières années.

Source : Sud Quotidien du mardi 22 avril 2008

23 avril 2008

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