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OGM, LA LOI SUR LA BIOSECURITE AU SENEGAL : LE DEBAT DOIT CONTINUER…

Le mercredi 02 novembre 2022 s'est tenue à Dakar au Pôle de Recherche de Hann de l'ISRA la 27e édition des « Mardi du BAME » sur le thème : « OGM, la loi sur la biosécurité au Sénégal : doit-on s’inquiéter ?». Ce cycle de conférences scientifiques du Bureau d’Analyse Macro-économique de l’ISRA est organisé cette fois-ci conjointement avec l’Initiative prospective agricole et rurale (IPAR).

Publié le 14 novembre 2022

Des scientifiques, juristes et membres de la société civile se sont penchés sur le sujet pour éclairer l’opinion publique. Les panelistes ont en effet abordé l’étendue et la profondeur des questions et attentes de divers acteurs vis-à-vis des Organismes génétiquement modifiés (OGM) et de la nouvelle loi sur la biosécurité au Sénégal votée et promulguée.
Une note politique conjointe, BAME-IPAR, sur le thème sera rédigée et partagée avec les décideurs et autres parties prenantes.

ILS ONT DIT...

Boniface CACHEU, Conseiller juridique au ministère de l’Environnement et du Développement Durable
« La loi n°08/2022 sur la biosécurité assure que des dispositions règlementaires seront prises afin d’éviter tout risque qu’engendrerait l’usage ou la circulation des OGM au Sénégal. Ce que la loi de 2009 ne permettait pas de faire ».

Dr Ndjido Ardo KANE, Généticien à l’ISRA :

« Les enjeux de la loi sur la biosécurité sont multiples. (…) Le principal est un enjeu de souveraineté. Pour ce qui est de l’enjeu sécurité alimentaire, nous pouvons nous nourrir sans OGM (…) mais est-ce que nous ne devrions pas faire appel à d’autres types d’innovations pour diversifier les systèmes de production alimentaire ?
Pour ce qui est des enjeux liés à la santé humaine et animale, des mythes sont à déconstruire. C’est que les OGM causent des maladies, des cancers, des résistances aux antibiotiques, en résumé ne sont pas bon pour la santé. En fonction des enjeux, des scientifiques commanditent des études, alors la science ici est biaisée. (…) La cause directe selon laquelle les OGM causent des problèmes de santé mérite d’être mis en évidence de façon claire. Ce sont des aliments qui doivent suivre les directives de sécurité alimentaire. »

El Hadji Thierno Cissé, coordonnateur du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux du Sénégal (CNCR)
« Nous avons appris comme tout autre acteur à travers la presse que l’Assemblée nationale a voté la loi sur la Biosécurité. Par conséquent, nous rejetons ladite loi.
Le CNCR dénonce le manque d’inclusion tout au long de sa procédure d’adoption car les produits destinés à la consommation personnelle et tous ceux issus de semences paysannes locales sont menacées. Et à terme, cette diversité risque de disparaître si les semences génétiquement modifiées rentrent au Sénégal
 »

Oumar BA, Agroécologiste, Maire de Ndiob
« Il n’y a pas de certitude que les OGM sont sans risques pour les santé animale et végétale et humaine. Puisqu’il n’y a pas de certitude, nous devons adopter une démarche prudente. (…) La question de fond qui se pose, au-delà de la question scientifique, est celle de l’efficacité économique.
Pour atteindre la souveraineté alimentaire, la solution est d’investir dans la recherche pour que se développent des semences locales productives adaptées à notre environnement et non des études sur les OGM pour une développement local et l’autonomie des paysans. (…) Les collectivités locales ont aussi leur place dans ce débat.
 »

Dr LAURE TALL, Directrice Scientifique de l’IPAR
« La question qui demeure centrale, c’est les moyens d’application de cette loi. Il est impératif de mener des études scientifiques approfondies indépendantes pour prouver que les OGM sont pas nuisibles ou pas car les enjeux politico-économiques sont énormes puisque ce sont des entreprises privées avec des intérêts privés qui se sont accaparées de la question. Est-ce que les intérêts de ces entreprises ne vont pas primer sur les intérêts des sénégalais, voire prendre le contrôle sur la souveraineté alimentaire ?
J’ai aussi des inquiétudes par rapport aux brevets sur le vivant, sur les semences et sur la propriété intellectuelle avec le risque de perdre le contrôle
 ».

Dr Cheikh Oumar BA, Directeur exécutif de l’IPAR
«  Il est impératif de créer des cadres pour dépassionner le débat sur les OGM et la loi sur la biosécurité afin d’en tirer un maximum d’enseignements. Les nouveaux parlementaires devaient même être impliqués pour s’approprier ce débat.  »

Dr Djiby Dia, modérateur
« Il est nécessaire de poser le débat de manière sereine tout en axant la réflexion sur la souveraineté alimentaire. »

Vue de la salle ...

CONFERENCE A SUIVRE EN ENTIER SUR YOUTUBE ISRA

  • LE SOLEIL du Jeudi 3 novembre 2022 « OGM : Regards croisés sur un sujet à polémique »
  • VIVAFRIK : OGM : Les enjeux de la biosécurité pour le Sénégal au menu de la 27e édition des « Mardis du BAME »

    Par Moctar FICOU -2 novembre 2022

  • SUD QUOTIDIEN : La loi sur les OGM garantit la liberté de choix, selon un juriste environnementaliste (Source : APS)
  • DAKAR ACTU : Utilisation des OGM : des écologistes et le CNCR émettent des réserves.
  • Le débat se poursuit sur la RTS... avec l’émission SAYTU
    BANDE ANNONCE EMISSION SAYTOU (RTS1) SUR LES OGM

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