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La campagne de tomate fraiche compromise : Parce que la filière doit plus de 1,5 milliard à la Cncas

Les signes annonciateurs d’une campagne de tomate fraîche morose plongent des centaines de familles des départements de Dagana et Podor dans le désarroi parce qu’elles ont contracté une dette de plus d’un milliard et demi de francs Cfa auprès de la Cncas qu’elles ne sont pas en mesure de rembourser. Or, si elles ne remboursent pas, elles n’auront pas droit à un financement pour la prochaine campagne.

SAINT-LOUIS - La présente campagne de tomate fraîche est partie pour être désastreuse dans le Nord du pays. Sur place, des champs de tomate qui s’étendent à perte de vue, n’atteindront jamais leur degré de maturation.

Selon Mbariane Diaw, Moustapha Mbengue et leurs camarades, ‘cette situation catastrophique de la campagne 2007/2008 est due aux aléas climatiques comme les vents chauds et les pluies hors saison ainsi qu’à la mauvaise qualité des intrants et autres engrais’. Ces signes annonciateurs d’une campagne morose plongent des centaines de familles des départements de Dagana et Podor dans le désarroi. Selon nos interlocuteurs, sur plus de 2 916, 66 hectares emblavés, dans les deux départements, pour un objectif de 90 000 tonnes de tomate, seules quelque 40 000 tonnes ont été obtenues.

L’incidence directe de cette mauvaise campagne est que des risques planent sur la prochaine campagne. ‘Pour la dernière campagne de tomate, nous avons contracté une dette de plus d’un milliard et demi de francs Cfa auprès de la Cncas. Et si nous ne remboursons pas cette ardoise financière, la banque ne nous financera pas pour la campagne 2007/2008. Donc la prochaine campagne risque d’être hypothéquée’, renseignent les producteurs de tomate de la Vallée et du Delta.
Face à cette situation, les organisations paysannes et les Groupements d’intérêt économique (Gie) du Fouta et du Walo, réunis au sein d’un cadre de concertation, interpellent les pouvoirs publics. En fait, les producteurs de tomate des deux localités ‘souhaitent ardemment que des mesures hardies mises en œuvre en urgence soient prises’ pour leur apporter le secours nécessaire. Mieux, Mbariane Diaw et ses camarades n’excluent pas d’envoyer un mémorandum au chef de l’Etat.
Face à la polémique née de l’arrivée des tracteurs indiens au Sénégal, rien de tel que l’avis des usagers pour en avoir le cœur net. Dans le delta du fleuve Sénégal, l’on juge le matériel performant et fonctionnel avec toutefois une puissance qui gagnerait à être décuplée par rapport à la nature de certains sols. Le président de la filière tomate, Ibrahima Fédior précise que ‘quand on achète un tracteur, on doit prendre en compte plusieurs critères. C’est d’abord la forme d’organisation du paysan, la nature de son sol, la taille de son exploitation, les cultures qu’il compte pratiquer’. Par conséquent, explique-t-il, ‘on s’aperçoit, tout de suite, sur la base de ces critères, que les tracteurs ne peuvent pas être les mêmes d’une zone à l’autre. C’est ainsi que, dans un périmètre de 1 000 à 2 000 hectares, avec des coopératives comme dans le Delta où les terres sont extrêmement lourdes, il faut des tracteurs de forte puissance de 105 à 150 chevaux. Ce que nous n’avons pas obtenu avec le matériel indien. Mais, une forte commande, sur la demande du président de la République, est en cours pour satisfaire les besoins de cette zone’.

De l’avis d’Ibrahima Fédior Fédior, ‘dans la vallée du fleuve Sénégal, plus essentiellement à Bakel, dans la région de Matam et dans le département de Podor, il y a eu des tracteurs de 80 chevaux à 4 roues motrices qui sont bien adaptés à ces zones. Ces tracteurs sont d’autant plus fiables qu’ils ne comportent pas d’électronique. Dans nos zones où il y a beaucoup de poussière, avec du matériel électronique, on a souvent de nombreuses pannes. Vous verrez beaucoup de machines trop sophistiquées à l’arrêt si vous sillonnez la zone. Et puis, ce matériel indien est mécanique, marche très bien et ne consomme pas beaucoup de carburant’, relève-t-il.

Au total, ce sont 510 tracteurs sur l’ensemble du territoire national. Au niveau de toutes les zones géographiques et écologiques du Sénégal, M. Fédior assure qu’’il a été introduit des tracteurs adaptés. C’est ainsi que vous verrez des tracteurs de faible traction, des tracteurs de double traction de 45 à 50 chevaux, de 60 à 80 chevaux bien adaptés à la zone où ils ont été affectés’. Le responsable moral de la filière tomate de laisser entendre qu’‘en plus des tracteurs, 2 300 motopompes ont été placées dans la Vallée du fleuve’.

Source : Walfadjri du mardi 06 mai 2008

6 mai 2008

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